Contrairement aux idées reçues, fumer n’est pas une contre-indication à l’allaitement maternel.

Une femme qui n’a pas pu arrêter sa consommation de tabac pendant la grossesse et qui désire nourrir son enfant au sein peut tout à fait le faire, à condition de respecter certaines règles bien précises.

Les plus…

Il a été démontré que le lait maternel, du fait de sa composition riche en anticorps, joue un rôle primordial dans la protection contre les maladies et infections respiratoires chez le nourrisson, et ceci indépendamment de la consommation tabagique de la mère.

Au contraire, les enfants vivant dans un environnement tabagique et nourris au biberon voient leur risque de développer des maladies respiratoires se multiplier. Idem pour les douleurs abdominales ou coliques, qui diminuent si l’on choisit de nourrir son enfant au sein plutôt qu’au biberon (« AA 96 : Allaitement et tabac, alcool, drogues, etc. », La Leche League France).

L’allaitement maternel est enfin fortement recommandé si la mère a fumé tout au long de la grossesse, afin de ne pas sevrer trop brutalement son bébé de la nicotine qu’il a reçue pendant 9 mois, et de lui éviter ainsi un syndrome de sevrage (hyperexcitabilité, irritabilité et pleurs incessants).

Les qualités nutritionnelles et protectrices du lait maternel restent un argument favorable à l’allaitement malgré la consommation tabagique.

… les moins

La nicotine reste toutefois une substance toxique et, malgré les bienfaits de l’allaitement maternel, il ne faut pas en oublier les inconvénients :

  • diminution de la sécrétion lactée, et donc de la quantité de lait ;
  • lait moins riche en lipides, à cause de la diminution de la prolactine ;
  • perturbation du réflexe d’éjection, qui fait couler le lait plus lentement et gêne la tétée de l’enfant ;
  • altération du goût du lait, rendu moins agréable, surtout si la mère a peu fumé ou arrêté pendant la grossesse et reprend après l’accouchement ;
  • irritabilité, vomissements, anomalies du rythme cardiaque, coliques, hypertonie, troubles du sommeil chez le nourrisson.

Pour résumer, allaiter malgré le tabac reste la meilleure façon de préserver son enfant des infections respiratoires notamment, mais il faut s’attendre à produire moins de lait et à des tétées plus longues, car le lait coulera moins vite que chez une maman non fumeuse.

Pour limiter au maximum l’effet néfaste des toxiques de la cigarette sur le système nerveux et cardio-respiratoire de son bébé, l’idéal reste toujours d’arrêter de fumer. En attendant, voici quelques astuces pour limiter les effets toxiques de la nicotine.

Comment s’y prendre

  • Réduire le nombre de cigarettes consommées par jour : 5 cigarettes par jour au maximum.
  • Fumer toujours après la tétée et attendre au moins 2 heures après la cigarette pour redonner le sein.
  • Ne jamais fumer en présence de son bébé (maman, papa ou tierce personne), car le tabagisme passif augmente les problèmes respiratoires, digestifs et les coliques, élève le risque de mort subite et l’agitation, et diminue la bonne croissance du nourrisson.
  • Éviter les légumes contenant de la nicotine : aubergines, tomates vertes, chou-fleur.

Source : « AA 96 : Allaitement et tabac, alcool, drogues, etc. », La Leche League France.

Fumer et donner le sein ne sont pas incompatibles. Il est tout de même recommandé d’espacer la cigarette de la tétée et de réduire sa consommation.

Privilégier l’allaitement maternel protège la santé neurologique et cardio-respiratoire du nourrisson et stimule le lien d’attachement mère-enfant.

Allaitez votre bébé sans culpabilité, et profitez de cette période pour réduire le nombre de cigarettes consommées par jour.